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    La ligne Paris - Granville, 150 ans d'Histoire
                               1855 - 2005
                        

                         L'accident

             Un certain 22 octobre 1895 à 16h, à la gare Montparnasse à Paris...
                            La photo qui a fait le tour du monde...                         Accident de la gare Montparnasse du 26 octobre 1895

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         On aperçoit les sauveteurs, les pompiers et les enquêteurs qui s'affairent près de la locomotive

     Pour évoquer ce grave fait divers, nous relatons deux versions: l'une issue de la presse de l'époque   "L' illustration" du 26 octobre 1895, quelques jours après l'évènement et l'autre un communiqué de la "Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest". Tout le monde parle de la catastrophe de Montparnasse.


                                                                                L'illustration du 26 octobre 1895
    "Un accident vraiment extraordinaire et que de merveilleux hasards ont seuls empêché de dégénérer en une effroyable catastrophe, s'est produit mardi dernier à quatre heures du soir à la gare Montparnasse.
Le train n° 56 venant de Granville arrivant en gare à la vitesse vertigineuse de 40 à 60 kilomètres, sans qu'il fut possible de l'arrêter, brisait les heurtoirs, franchissait l'extrémité du quai, et sa machine défonçait le mur de la façade, après un parcours de plus de 15 mètres en dehors des voies, venait tomber sur la place de Rennes, entraînant avec elle son tender.
    Cependant à ce moment, grâce sans doute au fonctionnement tardif du frein Westinghouse, mis en action par le conducteur d'arrière, le reste du train, à partir des fourgons que suivait immédiatement un wagon - poste, se bloquait et l'on doit cette heureuse circonstance que les cent - vingt trois voyageurs qu'il contenait en aient été quitte pour la peur et quelques rares contusions. Quant au mécanicien et au chauffeur, ils avaient sauté, ou avaient été projetés de leur machine, au moment du choc, sans se faire aucun mal. seule une marchande de journaux qui stationnait sur la place a été tuée par la chute d'un bloc de pierre arraché au mur de la façade.

   L'enquête dira à qui incombe la responsabilité de cet accident que les machinistes attribuent à un défaut de fonctionnement du frein continu. On peut toutefois leur objecter qu'ils ne devaient pas compter sur son fonctionnement pour entrer dans la gare Montparnasse, puisque le règlement interdit formellement aux mécaniciens de faire usage du frein Westinghouse pour arrêter les trains aux stations extrêmes des voies; ils doivent alors obtenir l'arrêt avec le frein à main et ne recourir au frein Westinghouse qu'en cas de danger. C'est cette prescription qui paraît ne pas avoir été observée dans cette malheureuse circonstance."        Source: Bibliothèque de la Sorbonne. L'illustration Tome CVI  p 345

                                                                                   

 

 

 

 

 

                           Une photo prise à l'intérieur de la gare Montparnasse, la pendule indique 16h.

                                                   Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest le 22 octobre 1895
   
"Le Granville - Paris Express transportait 131 passagers tandis qu'il approchait de sa destination: la gare Montparnasse. Le train était tracté par la locomotive N° 721 du type120 et était conduit par Guillaume Marie Pellerin. Le train était constitué de 2 wagons de bagages et un wagon postal qui se trouvaient directement derrière la locomotive, suivis par 8 wagons de voyageurs, tandis qu' un dernier wagon de bagages fermait le cortège.
    Le train avait quitté Granville à son heure habituelle de 8h45 mais il avait accumulé du retard sur le trajet et ne pouvait arriver à l'heure prévue 11h55. Pellerin, le conducteur était un homme expérimenté qui travaillait pour la Compagnie depuis 19 ans. Il était donc bien conscient des règles de sécurité. Pourtant il ne respecta pas les limites de vitesse à l'entrée de la gare, pensant utiliser le frein Westinghouse situé sur les wagons à l'entrée en gare pour freiner le convoi, c'était ainsi la règle pourtant établie depuis de nombreuses années.
    Quand il actionna le frein, celui - ci ne fonctionnait pas il ne restait que les freins de la locomotive pour arrêter le train. Mais à cause de la vitesse et du poids du train ils n'étaient pas suffisants. Les deux conducteurs à bord devaient réaliser qu'ils entraient dans la gare à une vitesse bien trop élevée pour s'arrêter, pourtant l'un d'eux au moins, Albert Mariette était occupé à autre chose. Alors qu'il aurait du voir comment arrêter le train, il était concentré sur de la paperasse. Ce ne fut qu'au dernier moment, qu'il réalisa l'arrivée imminente et qu'il tenta de manoeuvrer le frein à main.  Malheureusement il eut à peine le temps de poser  la main sur le frein, que le train traversait la façade

                                    

 

 

 

 

 

 

 

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                                     Une vue différente de la chute de la locomotive et  de son tender

    La locomotive dépassa de 10 mètres la fin de la ligne, roulant à travers le hall de la gare, traversa un mur de 60 mètres d'épaisseur et s'écrasa 9 m plus bas dans la rue, sur la place de rennes où passait le tramway qui reliait la gare à la porte saint - Ouen, la locomotive d'ailleurs manqua de peu l'un des tramways.
    Les trois premiers wagons furent très endommagés mais aucun des wagons de passagers ne dérailla. On compte cinq blessés graves parmi ceux qui se trouvaient dans le train: deux passagers, le pompier et les deux conducteurs. Une passante fut tuée et une autre blessée.
   Pellerin et Mariette furent poursuivis tous les deux. Pellerin fut condamné à une forte amende de 50 francs et deux mois d'emprisonnement pour avoir dépassé les vitesses autorisées. Toutefois il ne fut pas emprisonné. Mariette fut condamné à une amende de 25 francs pour n'avoir pas actionné le frein avant à l'entrée en gare.
   La passante fut tuée par un morceau de la façade qui s'était détaché. C'était Marie - Augustine Aguilard. Elle était occupée avec un vendeur de journaux venu récupérer les journaux du soir. La Compagnie de chemin de fer prit en charge les frais d(obsèques et versa une pension pour ses deux enfants.

                                                 

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